C/R CHSCT du 27 et 28 septembre dispo en section "CHSCT"
INFO SUR L'EMPORT DE CARBURANT
Le "prix réel" du carburant que nous payons est constitué de trois éléments :
- le "coût de la ressource" = basé sur des index internationaux selon la zone d'exploitation, variant de façon mensuelle. Pour YS, l'index majoritaire est le "High Cif North West Europe" (d'autres index nous concernent dans une moindre mesure, entre autres : pour l'Allemagne : le "Rotterdam", et un pour l'Italie le "MED"). C'est par rapport à ces index que s'appliquent les couvertures négociées par AF (ce qui explique que les variations mensuelles des index ne soient pas immédiatement significatives sur le prix réel).
- les "coûts différentiels" = tous les autres coûts (liste non exhaustive: la marge des fournisseurs, les coûts de logistique, de stockage et de mise à bord, etc.). Une partie de ce "différentiel" fait l'objet de 3 appels d'offre, un national et deux européens. En général, un appel d'offre "hiver" et un appel d'offre "été".
- les taxes (des aéroports, ...).
Les consignes qu'AF donne à ses équipages dans leur dossier de vol sont calculées automatiquement pour chaque vol par le système OCTAVE (un élément du système de Flight Planning AF) en fonction du type d'appareil (capacité d'emport carburant, cost index), de la paire d'aéroports concernée (selon la base de données de prix carburant sur chaque aéroport) du plan de vol et des conditions du jour.
Le service AF qui s'occupe du prix carburant n'intervient dans ce calcul que pour renseigner la base de données de prix (très rarement pour forcer le calcul dans une direction donnée).
Pour AF, le résultat du calcul OCTAVE est donné sous la forme d'un bilan carburant en "€/tonne", si ce bilan dépasse "15€/tonne" il est alors recommandé de faire de l'emport carburant.
Pour YS, AF n'applique pas la règle AF, mais une règle ("cost index moyen", expérience court-moyen courrier Air Inter) qui revient à recommander l'emport carburant si le bilan carburant dépasse les "8 ou 9 €/tonne", approximativement. Il leur est apparu que l'actualisation de nos consignes deux fois par an était suffisante, selon le rythme des appels d'offre annuels concernant l'élément "différentiel" du prix carburant et en tenant compte de notre réseau.
Aux règles générales ci-dessus, il faut ajouter des critères politiques qui ne sont pas liés aux coûts de la ressource : par exemple, une recommandation d'emport sur un aéroport "plus cher" mais qui permet d'y maintenir un service d'avitaillement lequel, sinon, disparaîtrait. En conséquence, il est nécessaire d'y assurer un minimum de prise ; le "surcoût" est alors compensé par l'absence de problème d'exploitation qu'entraînerait la non permanence des possibilités d'avitaillement.
Il faut aussi tenir compte du fait que la façon d'acheter/négocier le carburant est multiple et complexe, y compris auprès d'un même fournisseur, sans compter que certains fournisseurs, sur une même plate-forme, peuvent être présents dans plusieurs groupements.
En ce qui concerne les exemples cités dans votre courrier :
- Pour PUF, l'absence de recommandation d'emport sur un CDG-PUF peut être expliquée pour la raison évoquée plus haut (maintien d'un système d'avitaillement opérationnel),
- Pour MRS-SXB: les logs YS actuels (en vigueur depuis le 13/04) donnent bien une recommandation d'emport à MRS. Les logs du cycle précédent indiquaient effectivement NIL. Les consignes ayant été mises à jour entre temps. Comme AF fait des dossiers de vols "vent réel", AF peut mettre à jour ses consignes dès que celles-ci sont connues (ex: dès la publication du résultat d'un appel d'offre), jusqu'à maintenant nous ne pouvons les mettre à jour qu'en même temps que les logs, tous les 28 jours.
Pour résumer :
- Il est délicat de parler des consignes carburant de façon simple, en particulier en ce qui concerne les comparaisons avec les consignes AF ou entre deux consignes YS : les choses ne sont pas immédiatement comparables entre elles.
- Ce que nous pourrons améliorer à moyen terme est d'adapter le système de préparation des vols en cours de mise en place, afin de diffuser les consignes carburant dans les dossiers de vol comme une Consigne Compagnie "permanente" : cela réduirait leur délai d'application (actuellement, si de nouvelles consignes nous parviennent juste après l'entrée en vigueur d'un cycle AIRAC, il faut attendre le cycle suivant - 28 jours - pour qu'elles apparaissent sur les logs).
- à plus long terme, on peut envisager, avec les logs "vent réels", de faire un calcul d'emport carburant "conditions réelles", mais il faudra pour cela obtenir une base de données de prix, à laquelle nous n'avons pas accès aujourd'hui.
En conclusion, le principe des consignes d'emport carburant reste d'actualité selon les informations que Régional peut vous transmettre.